jeudi 12 janvier 2017

Massy : 5 000km pour trouver les artistes du 25e festival international du cirque


Passionnés par les arts du cirque depuis leur plus jeune âge, Jean-Jacques Pedrosa et Michel Frey ont beaucoup voyagé pour sélectionner les numéros qui seront proposés au festival. (LP/Gérald Moruzzi.)
De belles envolées propices à quelques frayeurs, de la féerie et du classicisme pour contenter les puristes, mais également des propositions originales capables de souffler jusqu’aux plus blasés. C’est avec en tête cette feuille de route claire et exigeante que Jean-Jacques Pedrosa et Michel Frey ont œuvré ces derniers mois.

Le duo a su mener à bien une mission d’importance : donner consistance à la programmation de la 25e édition du festival international du cirque de Massy, qui ouvre ses portes dans le parc Georges Brassens ce jeudi (lire notre sélection ci-dessous). « Nous sommes désormais producteurs du festival, explique Bata Gluvacevic, président du festival depuis un peu plus d’un an. Cela permet de mieux maîtriser les choses. Mais cela représente aussi beaucoup de travail pour nous qui sommes tous bénévoles. »

S’ils œuvreront parmi la cinquantaine de petites mains mobilisées sur le festival, Jean-Jacques Pedrosa et Michel Frey ont déjà beaucoup donné de leur personne. Nourrie d’une passion pour le cirque ancrée depuis l’enfance, la quête de ce duo de têtes chercheuses se mesure en milliers de kilomètres. « Nous avons fait près de 5 000 km à travers une bonne partie de l’Europe pour trouver les 22 numéros de cette édition », souligne Jean-Jacques Pedrosa.

Des numéros inédits en France

« Nous avons été en Hongrie, en Suisse, en Allemagne, en Autriche et en Espagne notamment, précise Michel Frey. Nous avons vu tout ce qui sera montré lors de ces spectacles de près de 2 h 30 et nous espérons que cela plaira au public comme cela nous a plu. »

La programmation a en tout cas été pensée dans ce sens. Les spectateurs, jusqu’à 2 300 sous le grand chapiteau éphémère, doivent s’attendre à de la nouveauté. « Les numéros sélectionnés ne sont jamais passés à Massy, voire même en France, indique Bata Gluvacevic. En proposant les meilleurs artistes du moment, nous restons le premier festival du cirque en France et parmi les cinq ou six plus importants du monde. »

Le festival de Massy est également un rendez-vous crucial pour les artistes qui s’y produisent. Ces quatre prochains jours, certains spectateurs attentifs seront aussi présents en tant que producteurs ou organisateurs de spectacles. « Les artistes qui viennent ici sont quasi assurés de signer des contrats dans la foulée, parfois pour une saison complète », glisse le président du festival.

Dimanche soir, à l’issue du dernier spectacle de cette 25e édition, la traditionnelle cérémonie de remise des prix devrait mettre en lumière les stars qui brilleront sous d’autres chapiteaux.

25e festival international du cirque de Massy, dans le parc Georges-Brassens. Spectacles jeudi à 20 h 30, samedi à 15 h 30 et 20 h 30, dimanche à 14 heures et 18 heures. Les séances de vendredi soir et samedi matin sont d’ores et déjà complètes. Tarifs de 15 à 60€. Billets disponibles et renseignements : www.cirque-massy.com

La troupe mongole Nomuna va vous faire basculer
Tout droit venus de Mongolie, les douze artistes de la troupe Nomuna pratiquent les arts aériens (ici la bascule) au plus haut niveau. (DR.)
Forte d’une tradition circassienne originale, car nourrie du classicisme du cirque russe et du riche folklore de son pays, la Mongolie, la troupe Nomuna devrait ravir les connaisseurs réunis à Massy. Les curieux en quête de sensations fortes devraient également y trouver leur compte. Ces douze artistes acrobates proposeront en effet au public aussi bien de la voltige que de la bascule. Ponctuées de saltos et autres sauts le plus souvent périlleux, leurs envolées seront entrecoupées de respirations musicales. Elles laisseront une bonne place aux danses traditionnelles de ce pays des confins de l’Asie.

Namayca Bauer et ses lions
Vue à la télévision dans l’émission « La France a un incroyable talent », la jeune Namayca Bauer se produira avec ses lions pour la première fois à Massy (DR.)
Mise en lumière par les organisateurs du rendez-vous comme la plus jeune à l’échelle mondiale dans son domaine de compétence, Namayca Bauer s’est déjà faite connaître bien au-delà du cercle des fondus des arts du cirque. À 17 ans, elle montrait en effet déjà sa patte dans l’émission « La France a un incroyable talent ». Se présentant comme une éducatrice et non comme une dompteuse, elle mobilisera à Massy l’ensemble de sa famille, à savoir dix lions, dont un fauve blanc. « Durant le spectacle, elle courra à côté d’eux, ce qui ne se fait jamais pour des raisons de sécurité », précise Bata Gluvacevic, le président du festival.

Les funambules de la troupe Robles sur un fil
Redonnant ses lettres de noblesse à l’art du funambule grâce à des numéros de haute volée, la troupe colombienne Robles n’aura aucun mal à provoquer l’émoi dans l’assistance. (DR.)
Parmi les 22 numéros programmés, entre jeudi et dimanche, sous le grand chapiteau éphémère, celui de la troupe Robles devrait échauffer quelques nuques et arrondir pas mal de bouches. Venus de Colombie, ces quatre hommes et trois femmes, spécialistes du funambulisme à grande hauteur, multiplieront les prouesses à couper le souffle. Sur leur câble d’acier de 20 mm de diamètre tendu à près d’une dizaine de mètres de hauteur, ils proposeront notamment une surprenante pyramide à sept. Un tour de force et d’équilibre qui sera effectué sans protection au sol ou presque. De quoi mettre les nerfs à rude épreuve.

La danse aérienne et sensuelle d’Anastasia Makeeva
Spécialiste des numéros aériens, la Russe Anastasia Makeeva va faire tourner les têtes des spectateurs du 25e festival international de Massy. (DR.)
Si Anastasia Makeeva a brillé en tant que clown à l’Ecole du cirque d’Etat de Moscou, c’est à plusieurs mètres au-dessus du sol qu’elle a su rapidement faire la différence. Pour surprendre et charmer son public, cette gymnaste aérienne professionnelle n’use que de deux rubans de tissu. De longues bandes et une vraie grâce qui lui permettent d’enchaîner les grands écarts et les lâchers volontiers audacieux. Entraînés dans ce tango d’un nouveau genre, les spectateurs en auront pour leur argent en termes de sensations fortes. Cette artiste russe ne sera en effet pas assurée par une longe de sécurité.
Source: Le Parisien - G.Moruzzi