mardi 11 octobre 2016

Hommage à Pierre Tchernia


Pierre Tchernia grand homme de télévision, a rejoint les trois Pierre, Desgraupes, Dumayet, Sabbagh, pionniers de la Radiodiffusion Française, mousquetaires de ce nouveau mode de communication (le mot "média" n'étant pas d'usage à cette époque) qui, depuis Cognacq-Jay, s'invitait, le soir, dans quelques familles, rares possesseurs d'un téléviseur noir et blanc. C'était en 1949. 

Véritables artisans-passionnés, c'est Pierre Sabbagh qui ouvrit les portes du petit-écran à Pierre Tchernia, il recherchait un collaborateur pour le journal télévisé mais c'est à la radio que Pierre Tchernia fit ses premières armes, chez Jean Tardieu, en 1947. 
Pierre Tchernia remplaça Jean Nohain créateur, en 1952 de "36 Chandelles" pour « faire oublier aux gens leurs soucis quotidiens avec du rire et des surprises » 
Après la disparition de son ami Gilles Margaritis, "le Méliès de la télévision" selon sa propre expression, la réalisation de "la Piste aux Étoiles" est confiée, par Hélène Margaritis, à Pierre, en fin 1965. 
"La Ford en Folie" créée en 1912 par le clown anglais Pimpo et popularisée par les "Léonard" fût reprise par Gilles et Pierre, à Médrano, au début des années 50. 
En 1972, sur la piste du Cirque d'Hiver Bouglione, il est le Monsieur Loyal du Gala de l'Union des Artistes. 
Cet homme passionnant et passionné, grand ami de Jean Richard, avait de nombreuses cordes à son arc avec, entre autres, sa grande culture cinématographique, regrettant vivement de n'avoir jamais pu pratiquer la musique, jouer d'un instrument pour aborder l'art clownesque. 
Notre dernière rencontre eut lieu à Monte-Carlo, lors du 23ème Festival, membre du jury, Pierre emprunta mon nez-rouge, le temps d'un cliché, d'une image argentique qui résume à elle seule son attachement au monde du cirque et au direct-live (selon l'expression actuelle) dont il fût un fervent défenseur. 
Merci Monsieur Tchernia, que votre passion soit un modèle pour nos contemporains. 

Jean Berger 


Pierre Tchernia à Monte-Carlo en 1999

Texte et photo : Jean Berger