samedi 16 juillet 2016

Châteauroux (36) : Une plaque Sarah-Caryth pour la dompteuse de lions


Avec son époux, André Rancy, Sarah Caryth s'était installée dans le domaine de Saint-Lactencin, dans l'Indre

Une rue du futur lotissement de l’Opac, boulevard La Valla, portera le nom de l’artiste de cirque Sarah Caryth (1897-1979). Elle s’était illustrée à l’Apollo. La dénomination d'une rue Sarah Caryth a été adoptée lors du conseil municipal du 24 mars dernier. Pourquoi ce choix alors même que le cinéma Apollo rediffusait un film sur cette artiste de cirque, lors de sa saison Retours vers le futur. « Un grand hasard, répond Georges Rambert, de la commission d'attribution. Ce choix a coïncidé avec l'actualité du cinéma Apollo. » Juste retour aux sources, donc, pour cette femme décrite comme « libre, affranchie et indomptable ». Sarah Caryth s'est produite en spectacle partout en Europe. En 1933, lors d'une tournée qui s'arrêta à Châteauroux, elle avait fait sensation, seins nus sur la scène de l'Apollo, uniquement vêtue de son python. Les facéties de Sarah Caryth ne s'arrêtent pas là. Ce même jour, elle avait décidé de faire poser trois dents en or à son lion fétiche, par un dentiste de la ville. Une opération qui a mal tourné. L'animal a dû être abattu et il a fini en côtelettes servies à l'Hôtel de France. L'histoire ne dit pas si ce fut un régal. La guerre ruina le cirque Les aventures de cette Creusoise demeurent indissociables avec l'Indre. Sarah Caryth, née Joyaux, à Guéret en juillet 1897, épousa le 3 avril 1939 André Rancy. L'union fut célébrée à Saint-Maur, par le maire de l'époque, un certain Anselme Paturaud-Mirand. La jeune femme était promise à une vie confortable et conformiste avec sa famille à Saint-Benoît-du-Sault. C'était sans compter sur sa passion. Danseuse hindoue et charmeuse de serpents, elle avait écumé les cabarets parisiens. Selon les archives de sa biographie, « en épousant André Rancy, elle découvrit la dure vie du cirque et devint dompteuse de fauves. Les lumières de la piste, la gloire aussi, devinrent son quotidien. La guerre ruina le cirque qui disparut avec toute la cavalerie de son époux qui s'éteindra en 1964 ». Sarah Caryth-Rancy changea souvent de lieu de résidence, d'un hôtel particulier à Montmartre à une propriété de Chantilly, et puis cette demeure de Saint-Lactencin dans l'Indre – propriété familiale –, où elle revint s'installer à la mort de ses parents. On dit qu'elle vécut dans une roulotte à Lothiers et à Saint-Benoît-du-Sault, dans une maison délabrée du Fay, où elle finira tristement ses jours comme diseuse de bonne aventure. A l'âge de 82 ans, la dompteuse et danseuse s'éteignit à la clinique Saint-François. C'était en 1979. Elle repose dans le cimetière de Châteauroux. 

 Jacky Courtin

Source : la nouvelle république